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Parabole ou hyperbole? Allez chercher donc!

9 oct.
3 min de lecture

Commentaire d’évangile pour le 28ème Dimanche du temps ordinaire  (Mt 22, 1-14 ; année liturgique A), célébré le dimanche 11 octobre 2026.


Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 11 octobre 2026.




On ne peut qu’être désagréablement surpris de lire autant de violence dans une parabole évangélique, car même le Roi devient intraitable et intransigeant envers les mauvais comme les bons. Si la violence semble universelle, où se trouve alors la Charité ? Pourquoi une telle accentuation ?

Pourquoi l’évangéliste Matthieu développe cette parabole en utilisant le style de l’hyperbole, tant les sentiments de ce roi sont exacerbés, contradictoires, tantôt patient tantôt intransigeant ?

Patient malgré la provocation insolente des invités qui ne sont pas venus. Cette patience le conduit d’une part à envoyer une deuxième invitation, d’autre part à élargir le cercle des invités jusqu'à une dimension quasi universelle.

Comme il en vient à inviter tout le monde de manière inconditionnelle, on pourrait le croire généreux surtout avec les détails du menu de ce festin de roi. Or il se révèle intransigeant avec les invités ! Avec les premiers d’une part, il n’hésite pas à faire tuer ceux qui ont martyrisé ses serviteurs qui pourtant leur annonçaient son invitation. Avec les autres d’autre part, il n’hésite pas à chasser avec dureté au seul motif de ne pas être en tenue.

Pourquoi cette ambivalence ? Pourquoi être à la fois lent à la colère et plein d’amour, et soudainement implacable ? On pourrait presque comprendre l’ambivalence de ce Roi avec la parabole du bon grain et de l’ivraie (Mt 13,24-30) : il pourrait être comparé à ce champ produisant à la fois du bon grain (la patience, la générosité) et de l’ivraie (la dureté de cœur, la violence et la mort).



Si humainement cette explication pourrait nous suffire, n’y aurait-il pas un autre mystère qui serait caché ? Et si l’utilisation du genre littéraire de l’hyperbole produisait dans notre imaginaire un aveuglement, nous empêchant de voir et de comprendre une autre réalité, pourtant bien présente mais cachée ? Et si pour dévoiler le mystère, nous utilisions la parabole des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) ?


Dans cet évangile il y a un point commun : des invités ne viennent pas à la Noce !

Ceux de la première heure ne sont pas là parce qu’ils s’affairent à d’autres occupations du quotidien (champ et commerce), allant jusqu’à commettre un homicide. Celui de la dernière heure ne peut être là puisqu’il n’a pas cette tenue de Noces. Que ce soit pour la première comme la dernière heure, ces ouvriers ne peuvent toucher un salaire qu’est la participation à ce repas de Noces. Or chez Matthieu, le salaire comme le repas de Noces désignent l’œuvre du Salut que Dieu souhaite donner, dans son Amour, à l’homme.


Mais il y a un autre point commun entre ces invités de la première et celui de la dernière heure : ils ne sont pas en tenue de Noces !

Pour les uns parce qu’ils choisissent volontairement de s’affairer à autre chose, pour les autres parce qu’ils semblent ne pas la posséder !

Mais alors, que révèle ce repas de Noces ? Que peut signifier cette tenue de Noces qui semble au coeur de notre parabole ?

La tenue de Noces demandée par l’évangéliste pourrait faire mémoire du manteau de la justice (Is 59,17) ou bien du vêtement du salut (Is 61,10) pour reprendre Isaïe. Or c'est en lavant les pieds de ses disciples que Jésus va accomplir ces versets d'Isaïe. En se faisant serviteur et en lavant les pieds de ses disciples avec l'eau, Jésus révèle qu'il va laver les péchés du monde par son sang versé.

Jésus révèle à ces auditeurs que ce repas de Noces s’accomplira dans sa mort et sa résurrection où il se fera nourriture ! Ce vêtement du sang versé n’est-il pas aussi le manteau de la Charité dont Jésus est venu revêtir l’humanité blessée, gisant au bord du chemin ?


La vocation chrétienne se dévoile à travers ce vêtement !

Revêtir le vêtement de Noces, n'est-ce pas être plongé à la suite de Jésus-Christ et participer à ce recouvrement de Charité, là où l’humanité est aujourd'hui blessée ? N'est-ce pas faire oeuvre de Miséricorde et être artisan de réconciliation dans notre Histoire mouvementée?

Pensons au témoignage de saint Martin, qui en partageant son manteau de soldat, revêt mystérieusement en même temps le vêtement de Noces ! Pensons aussi à l'appel du Pape Léon XIV, lors de sa venue à Metz le 28 septembre 2026, qui encourageait à être artisan de réconciliation.




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