La Transfiguration selon saint Matthieu est le beau et le plus esthétique des trois évangiles synoptiques parce qu’il est rythmé par le chiffre trois.
L’expérience de la lumière est tripartite.
Le visage de Jésus devient brillant, puis son vêtement, pour terminer par la nuée couvrant l’ensemble des personnages.
Cela peut rappeler le visage de Moïse qui, après 40 jours et 40 nuits de jeûne, devint lumineux lorsqu’il descendit de l’Horeb avec les Tables de la Loi (Ex 34,2
Quel est donc ce texte pour qu’il s’inscrive ainsi dans la mémoire collective de générations différentes et suscite autant d’adaptation ?
La première raison est sans doute que nous oublions que cette hymne n’est faite que de questions ! Il n’y a aucune affirmation ! Cette ponctuation imprime déjà une interprétation précise où l’acte musical et vocal ne doivent pas être attestataires ou démonstratifs, mais uniquement sur le subtil registre de l’émerveillement.