Orphelins comme des pains sans levain...
- bohleremmanuel

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Commentaire d’évangile pour le Dimanche de la Pentecôte (Jn 20, 19-23 ; année liturgique A), célébré le dimanche 24 mai 2026.
Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 24 mai 2026.

Mais pour nous élever avec de Lui, auprès du Père, le Fils nous promet l’Esprit.
Retour sur cette ascension.
Qui n’a jamais été fasciné par le travail du levain, qui avec discrétion, fait non seulement lever la pâte, mais plus encore prépare secrètement un espace intérieur, un vide ressemblant physiquement à des alvéoles, ou architecturalement à une voûte.
Si la fermentation va étirer lentement l’élasticité de la pâte, son élévation sera visible à nos yeux parce qu’elle cache en secret, une béance mais remplit d’un souffle !
Toute la poésie de levain nous conduit au souffle de l’Esprit, où ascension et souffle sont intimement associés. Si nous sommes la pâte et l’Esprit le levain, alors nous nous élevons vers Dieu, dans la mesure où grandit en nous un espace intérieur, étiré par l’Esprit Saint et rempli de l’Esprit-saint !
Cependant, rappelons-nous que l’image des pains sans levain est biblique.
C’est la nourriture pascale par excellence, avec l’agneau immolé. Avant la Pâque, il fallait se débarrasser du vieux ferment, et pendant sept jours il fallait manger des pains sans levain.
Le Livre de l’Exode nous décrit cette prescription (Ex 12,15-27) où le pain sans levain est l’image de la libération. C’est le pain qui rappelle la sortie d’Egypte et le Salut. Le pain des voyageurs jusqu’à la Terre Promise.
Saint Paul donnera une magnifique interprétation des pains sans levain, à la lumière du mystère pascal, surtout lorsqu’il écrit : « Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité. » (1 Co 5,7-8).
Ainsi durant le temps du carême nous avons essayé de faire disparaître de nos vies ces vieux ferments dont parle l’apôtre. Lors des fêtes pascales nous sommes devenus ce que nous avons reçu : ce pain sans levain, ce Corps du Christ qui est droiture et vérité puisqu’il est l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
En effet, pour reprendre le lyrisme d’Ignace d’Antioche, l’un des plus importants Pères apostoliques du christianisme primitif, nous sommes le blé du Christ ! Notre vie, telle la farine, est broyée par les épreuves et le mal que nous pouvons faire. Mais avec l’eau de la grâce, celle qui jaillit du côté ouvert, notre vie est lavée et pétrie par notre Sauveur : elle est transformée. Devenue pâte, notre vie est alors cuite au feu de l’Amour puisque le Christ nous a aimé jusqu’au bout par son sang versé !
Jadis lors de la Pâque, il fallait manger les pains sans levain durant sept jours. Or la durée d’une semaine est fort belle en boulangerie : c’est le temps nécessaire pour fabriquer artisanalement un nouveau levain actif.
Ainsi à la Pentecôte, l’assemblée qui se réunit autour de l’apôtre Pierre pour prier et être enseigner (Ac 1,13-26), comme jadis le Christ enseigna les disciples d’Emmaüs, forme ce Corps du Christ devenu le réceptacle intérieur d’un levain nouveau : le don de l’Esprit !
Ce levain nouveau va dilater et brûler leur cœur pour les transformer en véritable Buisson ardent : ils vont être envoyés pour annoncer dans toutes les langues le mystère de la foi (Ac 2,1-13) puisé au creuset de la fraction des Ecritures (Ac 2,14-41).
Ce levain nouveau est non seulement l’image de l’Esprit, de la vie intérieure ; mais il est aussi l'image de l'Amour et de l’activité missionnaire de l’Eglise à laquelle nous avons tous part !



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