Une bergerie avec portier pour apprendre les manières évangéliques ?
- bohleremmanuel

- 25 avr.
- 3 min de lecture
Commentaire d’évangile pour le 4ème Dimanche de Pâques (Jn 10, 1-10 ; année liturgique A), célébré le dimanche 26 avril 2026.
Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 26 avril 2026.

Ce détail de l’évangile a de quoi nous surprendre : avez-déjà rencontré le portier d’une bergerie ? Et s’il nous aidait à franchir le sens ? La dimension pastorale de cette célèbre page permet aux lecteurs de passer d’une expérience bucolique à l’intelligence du mystère de la foi.
En écoutant les paraboles il faut entrer dans l’intelligence métaphorique des images utilisées. Dans celle de la bergerie et de sa porte, si les brebis désignent les croyants, que désigne la porte ? Le portier ? Le berger en même temps pasteur ? S’il y a une donnée dont nous sommes sûrs : les voleurs, les bandits, les étrangers, désignent les Pharisiens.
Le passage de la mort à la vie
Comme bien souvent dans l’évangile de Jean, pour comprendre, il faut commencer par la fin… Cette transhumance est désignée comme le voyage vers la Vie éternelle, autrement dit la pérégrination au-delà de la mort vers le Père éternel. Par conséquent les brebis désignent non seulement les croyants mais ceux qui ressuscitent d’entre les morts, et cette transhumance figure la Pâque éternelle. L’enclos désigne donc la vie terrestre. Le passage par la porte désigne alors le passage de la mort à la vie. Quant à la porte, elle désigne à la fois le terme de toute vie humaine qu’est la mort, ainsi que le seuil de la Vie nouvelle et éternelle. Cependant l’Evangile nous dit que la porte désigne Jésus lui-même et que les morts en train de ressusciter doivent le traverser. C’est par Lui, avec Lui et surtout en Lui, que nous passons de la Mort à la Vie !
Mais alors que représente cette association de trois images : le berger, la porte, le portier ? Et si elle désignait les harmoniques du mystère de Jésus-Christ, à la fois vrai Dieu et vrai homme ? Le berger est à l’extérieur de l’enclos, donc à l’extérieur de la vie terrestre. Mais ce berger entre dans l’enclos pour parler aux brebis. N’est-ce pas l’image de l’incarnation par laquelle le Verbe éternel de Dieu, lui qui est hors du temps, entre dans le cours du temps ? Le berger ne désignerait-il pas alors Jésus en tant que Fils éternel du Père ? Le portier est présenté dans le texte comme celui qui, à l’intérieur de l’enclos, ouvre la porte afin que le berger puisse entrer et faire entendre sa voix. Dans cette configuration, le portier ne désignerait-il pas Jésus en tant que fils né de la Vierge Marie ? En effet, n’est-ce pas Jésus, en tant que fils de la Vierge Marie, qui permet par sa voix de faire entendre dans le monde la voix du Verbe éternel ? Les images du berger et du portier ne désigneraient-elles pas Jésus, à la fois vrai Dieu et vrai homme ?
La Croix, Porte du Ciel
Si l’entrée du berger dans l’enclos désigne le mystère de l’incarnation, la sortie de l’enclos ne désignerait-elle pas le lieu où Jésus est passé de ce monde à son Père, c’est-à-dire la Croix ? La mort de Jésus sur la Croix ne serait-elle pas la Porte du Ciel, puisque c’est dans sa mort que nous sommes sauvés et dans sa résurrection passons vers la Vie ?
Mystère d’un baptême ! C’est dans la mort de Jésus que jaillit la Résurrection, véritable chant nouveau pour le Seigneur ! En somme, cet évangile confirme bien le geste du vendredi Saint, quand devant la Croix dévoilée nous étions invités à reconnaître la source du Salut d’où jaillit la Vie !



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