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Il y eut une nuit, il y eut une aurore… Tout est commencement !

Commentaire d’évangile pour le 4ème Dimanche du Temps Ordinaire  (Mt 2,1-12 ; année liturgique A), célébré le dimanche 1er février 2026.


Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 1er février 2026.



En scrutant attentivement l’Ecriture que l’Eglise nous propose à travers son lectionnaire, on finirait par regretter d’avoir dû ranger les crèches, tant nous demeurons dans la narration de la Nativité!

 

 

Depuis Noël, il n’y a pas un dimanche, pas un jour, où l’Ecriture ne donne pas à entendre les harmoniques d’une levée, d’un commencement, d’une montée, que ce soit du lieu de la naissance à Bethléem jusqu’à un haut sommet : celui de la montagne des Béatitudes !

 


Tout commence durant la nuit de Noël…


Une lumière permet l’audition d’un chant d’action de grâce angélique (Lc 2,14) et met en route les bergers (Lc 2,8-20).

La même nuit, les Mages ont vu un astre se lever et eux-mêmes se sont mis en route jusqu’à Jérusalem (Mt 2,1-12).


Ces éléments narratifs ressemblent à bien des égards à la nuit pascale et à la traversée de la Mer Rouge ? 

Nuit pascale (Ex 12,1-20) car un peuple se prépare à se mettre en marche à l’aurore vers une Terre inconnue mais Promise par Dieu. Traversée de la Mer Rouge (Ex 14,15-31) puisque c’est la nuée qui guide un peuple durant la nuit, pendant le processus de sa libération. 

Le verset d’Isaïe, entendu à Noël comme dimanche dernier, n’en est-il pas la preuve ? Qui est ce peuple qui marche dans les ténèbres et qui a vu une grande lumière (Is 9,1) sinon celui qui a connu la libération de la servitude d’Egypte, en traversant la Mer Rouge de nuit, guidé par la Lumière de Dieu ?


N’est-ce pas ce que dira plus tard le Livre de Sagesse (Sg 18,14-15), lorsqu’au milieu de la nuit la Sagesse descend d’auprès de Dieu comme un astre ?

Image poétique pour évoquer la nuit pascale où Dieu sauve son peuple marqué par le sang de l’Agneau pascal sur les linteaux.

Image métaphorique du mystère de l’Incarnation où le Verbe du Père descend du ciel d'aurpès de son Père, pour se faire chair et demeurer parmi nous. Par Lui, avec Lui, en Lui nous pouvons entendre la voix du Père, cachée depuis les origines et que l’Esprit nous donne de comprendre. Or Jésus ne vient pas apporter la mort, comme jadis celle des premiers-nés d’Egypte (Ex 11,5), mais la Vie et la Vie en abondance (Jn 10,10) ! Mais quelle Vie ?

Enfin, verset fondant et justifiant le fait de célébrer une messe au milieu de la nuit (minuit) pour la fête de la Nativité.

 

De l’Epiphanie (4 janvier 2026), en passant par le Baptême du Seigneur (11 janvier 2026), jusqu’au 3ème Dimanche du Temps Ordinaire (25 janvier 2026), l’image poétique de l'étoile, de l’Astre qui se lève[1], créée un lien subtil qui nous guide pour la méditation de l'Ecriture de dimanche en dimanche.

Les uns ont vu un Astre pour aller à la rencontre de Celui qui vient de naître

Les autres ont vu en pleine lumière le Sauveur (Mt 3,13-17), puis l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1,29-34), lorsque Jésus parait tel un astre au bord du Jourdain pour son baptême..

Jésus est l’Astre qui dévoile et révèle à nos yeux un mystère caché depuis les origines: notre ascension pour devenir enfant de Dieu (Jn 1,12 ; Jn 3,14 ; Jn 8,28)



Tout est commencement ! 

Pour les Mages c’est une autre route pour éviter les embuches de l’ennemi...

Pour les autres c’est une nouvelle vie qui commence (Mt 4,12-23) !

L’évocation du verset d’Isaïe dans l’évangile de dimanche dernier n’a-t-elle pas conduit à ce commencement de tout quitter pour le suivre ? Pèlerinage guidé par la lumière qu’est Jésus et qui les conduira au cœur du mystère le plus intime de leur vocation : devenir fils avec le Fils !


 

Vient enfin la montée, 

où comme jadis Moïse (Ex 20,2-17 ; Dt 5,6-21), Jésus nous conduit sur une haute montagne pour donner des paroles de vie

Mystère d’une ascension mais aussi d’une Pentecôte, puisque les Béatitudes sont un vrai pain descendu du ciel, une vraie nourriture pour notre voyage.

Charte de la vie chrétienne, inscrites et gravées dans le cœur des disciples comme des Commandements nouveaux par le Feu consumant de l’Esprit, les Béatitudes sont un don pour chaque jour être davantage les enfants d’un même Père (1 Jn 1,1-2 ; Lc 14,26) et les frères en Jésus-Christ.  




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[1] Emmanuel BOHLER, Nous avons vu son étoile à l’Orient (Mt 2,2), In L’Ami-Hebdo 01-2026, édition du 4 janvier 2026


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