« Nous avons vu son étoile à l’Orient » (Mt 2,2)
- bohleremmanuel

- 2 janv.
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Commentaire d’évangile pour le Dimanche de l'Epiphanie (Mt 2,1-12 ; année liturgique A), célébré le dimanche 4 janvier 2026.
Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 4 janvier 2026.

Le célèbre récit de l’Epiphanie propose un pèlerinage intérieur comparable à celui des montées que l’on faisait jadis lorsque l’on se rendait au Temple de Jérusalem. Retour sur cette montée intérieure.
Le thème de la montée est un élément structurant l’évangile selon saint Matthieu.
Dès le début de son ministère, Jésus apparait (Mt 3,13-17) comme apparait une étoile. Après son baptême au Jourdain (en dessous du niveau de la mer) il part pour monter au désert.
Le récit de la tentation (Mt 4,1-11) est aussi une montée : du désert on monte au sommet du Temple de Jérusalem, pour finir sur une haute montagne. Même les tentations sont une montée dans la gravité : tentation matérielle, travestissement de l’interprétation de l’Ecriture, idolâtrie.
Enfin Jésus monte sur une montagne, où comparable à Moïse, il donnera les paroles de vie : les Béatitudes (Mt 5,1-12). Paroles de feu qui seront inscrites, gravées dans le cœur des disciples comme des Commandements nouveaux. Les Béatitudes sont Paroles de vie pour les chrétiens!
Et si nous relisions la progression narrative du récit de l’Epiphanie à la lumière du thème de la montée ?
Tout commence par l’Astre. Observé dans sa montée, silencieuse et discrète, il a fait se mettre en route les Mages.
Mais quel est cet Astre ? Est-ce celui dont parle l’Ecriture et qui désigne la Parole de Dieu, descendue du haut du Ciel au milieu de la nuit pascale (Sg 18,14-15) pour faire mourir ceux et celles qui n'avaient pas le signe du sang de l'Agneau répandu sur le linteau des portes des maisons par une branche d'hysope (Ex 12,3) ?
Les Mages sont alors comparables au Peuple qui marchait dans les ténèbres et qui a vu une lumière (Is 9,1) ? Ils montent à Jérusalem, mais marchent vers une nuit obscure, vers une mort !
Arrivés à Jérusalem, ils rencontrent Hérode qui entre dans une triple tentation. Véritable descente vers les Enfers qui jettera un voile de ténèbres sur la vie de Celui qui vient de naître.
Par la peur, il y a la tentation matérielle. Cette naissance risque de compromettre privilèges et pouvoir maintenus uniquement par collusion avec l’Autorité Romaine.
Il convoque les scribes et les prêtres pour interpréter l’Ecriture. Si elle va guider les Mages vers le lieu de la naissance, en la leur donnant, Hérode va travestir l’intention de son cœur. Comment la lumière de l’interprétation de l’Ecriture peut-elle enténébrer et compromettre le cœur en faisant monter l’idée d’un homicide ?
Il succombera à l’idolâtrie, car en mentant sur ses intentions, il ne viendra certainement pas adorer le Fils de Dieu, mais l’anéantir. C’est-à-dire commettre un déicide !
Ainsi cette triple tentation d’Hérode annonce la triple tentation de Jésus, mais révèle surtout le Diable, encore caché dans les ténèbres du cœur d’Hérode et qui agit à travers Lui !
Finalement l’Astre qui se lève, Jésus, va démasquer et rejeter l’auteur du Mal qui seul rend le cœur de l’homme compliqué et malade (Jr 17,9) ! Heureusement, dans ce climat d’incertitude et de menaces, les Mages garderont la claire vision et continueront leur route sans trébucher et ni heurter les pierres (Ps 90 (91), 12-14).
Comme à l’aurore pascale, la lumière triomphe déjà sur la mort !
Et nous ?
Dans notre pèlerinage intérieur qu’est la prière, véritable marche immobile, pour nous élever il faut d’abord s’abaisser en nous-même afin d’y trouver, subtilement caché, Celui qui nous précède dans les hauteurs, auprès de son Père et notre Père qui est aux Cieux.
Accueillons, aimons et partageons cet Astre bien-aimé : Jésus, le Seul !
Lui seul est notre Amour, notre Joie, notre Salut !



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