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L'éloge des moineaux

19 juin
3 min de lecture

Commentaire d’évangile pour le 12ème Dimanche du temps ordinaire  (Mt 10,26-33 ; année liturgique A), célébré le dimanche 21 juin 2026.


Commentaire publié dans le journal hebdomadaire L'AMI HEBDO au sein de l'édition du 21 juin 2026.


Les Béatitudes (1997)
Les Béatitudes (1997)

Les moineaux ou les oiseaux sont régulièrement utilisés pour évoquer l’abandon et la confiance totale en Dieu. S’il est une personnalité qui en bien compris le sens, c’est François d’Assise.

 

Qui ne connait pas son célèbre « sermon aux oiseaux », raconté au sein de cet ouvrage nommé « Fioretti de Saint François », recueil de proses poétiques et fantastique où le genre littéraire de la Fable est mise à l’honneur pour rendre compte des intuitions de son fondateur. Considéré comme le premier ouvrage en italien moderne, le recueil des « Fioretti de saint François » n’en demeure un chef d’œuvre incontournable de la culture italienne.

Bien loin d’une interprétation purement bucolique et écologique, comme hélas on l’enferme un peu trop vite, la narration du « sermon aux oiseaux » est pleine de rebondissements et de surprises. Qui se cachent derrière ces fameux « oiseaux » ? Avec cette subtilité ils désignent les franciscains eux-mêmes et la radicale nouveauté de leur style de vie. Rien ne doit être un obstacle à la vie fraternelle, d’où l’exhortation aux vertus d’humilité, de simplicité et de pauvreté. A travers les différentes descriptions de l’image des « oiseaux », François d’Assise exhorte à ses frères à vivre ces quatre piliers qui fondent l’originalité franciscaine.

Mais le génie franciscain de la narration de « sermon aux oiseaux » s’expriment encore à travers la reformulation des récits évangéliques et des enseignements de Jésus où l’image est utilisée. Or s’il est une constante par rapport aux évangiles, c’est que l’image des oiseaux intervient à chaque que Jésus va évoquer la vie communautaire des disciples partant en mission. L’évangile de ce dimanche en est un bel exemple, puisqu’il continue l’appel et l’envoi en mission entendu dimanche dernier.

 

L’image des oiseaux est un appel à faire confiance en Dieu, mais au fond est-ce si facile que cela ? Pensons à Abraham qui dans sa vieillesse devait quitter son pays, sans savoir où aller, si ce n’est faire confiance en Dieu qui a promis d’être toujours avec lui et de le guider ?

Au fond la confiance en Dieu n’est pas certitude extravagante, ou garanties matérielles sonnantes et trébuchantes. Avec une étonnante simplicité propre à l’évangile selon saint Mathieu, la confiance en Dieu grandit dans un cœur à cœur intimiste, une relation confidente.

La confiance en Dieu grandit dans un dévoilement de ce qui est caché, donc rien de démonstratif.

La confiance en Dieu grandit dans la découverte d’une personnalité qui ne va tout de suite faire un streep-tease de ses qualités... Mais qui va volontairement cacher des aspects de sa personnalité pour laisser place à l’autre.

La confiance en Dieu grandit non pas dans le bruit, mais dans un chuchotement à l’oreille.

Confiance et confidence semblent vraiment aller de concert !

 

L’évangéliste ne propose-t-il pas une certaine éthique de la Révélation ?

Dieu a choisi de se faire connaitre en se voilant, en se cachant, en se faisant confident. Si

Dieu a choisi ce registre pour se révéler...

Aussi ceux et celles qui auront pour mission de la faire connaitre, ne devront-ils pas emprunter ce chemin d’humilité, de simplicité, de pauvreté ?


Voilà une éthique de la rencontre qui pourrait inspirer nos relations humaines !    

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